Les lunettes connectées commencent à se multiplier, mais toutes ne suivent pas la même philosophie. À l’IFA 2026, RayNeo, la marque de réalité augmentée incubée par TCL Electronics, présentait les nouvelles RayNeo iO. Leur particularité : aucun appareil photo, mais un affichage directement devant les deux yeux et une bonne dose d’intelligence artificielle pour multiplier les usages. J’ai pu les essayer sur le stand TCL à l’IFA Berlin.
RayNeo n’est plus vraiment un nouveau venu dans l’univers des lunettes connectées. La société, incubée par TCL Electronics, développe depuis plusieurs années différentes familles de produits allant des simples lunettes d’affichage personnel aux véritables lunettes de réalité augmentée.
À l’IFA, j’ai donc profité de ma rencontre avec Yacine des équipes de TCL Europe, qui s’occupe de la division mobilité chez TCL, pour faire un tour d’horizon de cette gamme. Un modèle a particulièrement retenu mon attention : les RayNeo iO.
Des lunettes connectées… sans caméra
L’idée peut presque sembler paradoxale. Alors que de nombreuses lunettes intelligentes cherchent aujourd’hui à embarquer des caméras capables de photographier, filmer et analyser ce que regarde l’utilisateur, RayNeo a choisi de les supprimer complètement sur les iO. Et c’est précisément l’un de leurs principaux arguments.
Pas de photo ou de vidéo prise à l’insu de votre entourage, pas de capteur pointé en permanence devant vous : les iO sont avant tout conçues comme un affichage personnel et un assistant IA. RayNeo met d’ailleurs directement en avant cette approche « Privacy by Design ».
Lors de notre interview, Yacine expliquait que cette absence de caméra permet également de répondre à un problème de plus en plus sensible avec les lunettes connectées : leur acceptation sociale. Une personne placée devant vous ne sait pas toujours si elle est filmée. Avec les iO, la question ne se pose tout simplement pas.
Un écran MicroLED visible uniquement par le porteur
Les RayNeo iO utilisent deux petits écrans MicroLED monochromes verts, associés à des guides d’ondes diffractifs. L’affichage est donc présent devant les deux yeux, et non uniquement dans un coin du champ de vision sur un seul œil.
C’est un détail qui m’a semblé important lors de ma prise en main. L’information reste positionnée légèrement au-dessus du regard direct. Elle demeure très lisible lorsque l’on souhaite la consulter, mais n’envahit pas en permanence le champ de vision lorsque l’on discute avec quelqu’un ou que l’on se déplace. RayNeo annonce un champ de vision de 23,5 degrés, une luminosité pouvant atteindre 1 300 nits au niveau de l’œil et une transparence de 97 %. Pendant ma démonstration, la lisibilité était effectivement très bonne et, surtout, la personne placée face à moi ne pouvait pas voir les informations affichées dans les lunettes. L’intérêt ne réside évidemment pas uniquement dans l’affichage de l’heure.
Traduction, téléprompteur et tableau de bord personnel
Les iO peuvent servir de véritable HUD personnel avec les notifications, la météo, les rendez-vous ou différentes informations provenant du smartphone. Mais certains usages m’ont semblé nettement plus intéressants. Le premier est la traduction en temps réel.
Une personne peut vous parler dans une autre langue et la traduction apparaît directement devant vos yeux. RayNeo annonce aujourd’hui la prise en charge de 55 langues. Dans un contexte comme l’IFA, où l’on passe constamment d’une présentation en anglais à une autre langue, je vois immédiatement l’intérêt.
Autre fonction particulièrement pertinente pour mon usage : le téléprompteur. Pouvoir avoir quelques notes ou un texte directement devant les yeux sans installer un écran supplémentaire pourrait être extrêmement pratique pour une présentation, une conférence ou même certaines vidéos. Clairement, ce serait une super option pour une multitude de métiers. A noter aussi que les RayNeo iO intègrent quatre microphones ainsi qu’un capteur de conduction osseuse.
Les lunettes peuvent aussi enregistrer votre journée
Elles peuvent donc enregistrer une réunion, une conversation ou simplement un mémo vocal, puis générer des notes et des résumés. RayNeo va même plus loin avec sa fonction Lifelog. L’idée est de constituer progressivement une sorte de journal personnel : informations importantes évoquées pendant une réunion, tâches mentionnées dans une conversation ou éléments à ne pas oublier. Lors de notre démonstration, le tableau de bord pouvait ainsi rappeler des informations entendues précédemment dans la journée.
Évidemment, c’est précisément le genre de fonction qui pose immédiatement la question de la confidentialité. RayNeo indique que certaines données sont anonymisées directement sur l’appareil avant de quitter les lunettes, tandis que l’utilisateur peut également choisir de conserver ses informations localement.
Il faudra néanmoins regarder beaucoup plus précisément comment fonctionne cet écosystème lors d’un véritable test et prendre la mesure de la qualité de l’IA maison.
Gemini, RayNeo AI… et plusieurs assistants possibles
En effet, RayNeo développe également sa propre couche d’intelligence artificielle pour un usage vraiment adapté aux lunettes, là où les IA tierces que l’on connaît tous ciblent peut-être moins cet usage spécifique. Dans l’interface présentée à l’IFA, il était possible de sélectionner différents modèles conversationnels. J’ai notamment pu voir celle de RayNeo AI, mais aussi Gemini, Claude, ChatGPT, DeepSeek ou encore Qwen. Attention, il semblerait que la disponibilité des autres assistants peut dépendre des régions, des abonnements ou de l’évolution logicielle.
L’approche est intéressante : les lunettes ne cherchent pas nécessairement à imposer un seul assistant, mais à devenir une interface permettant d’accéder à différents moteurs d’IA. La suppression des caméras et le choix d’un affichage monochrome ont également un autre avantage : la consommation.
Jusqu’à deux jours d’autonomie
Les RayNeo iO disposent d’une batterie de 240 mAh. RayNeo annonce jusqu’à 48 heures d’utilisation typique, environ 18 heures d’enregistrement continu ou encore 6,2 heures de traduction continue. Cela change beaucoup la philosophie du produit.
Les iO sont conçues pour pouvoir être portées toute une journée comme de véritables lunettes plutôt que comme un appareil électronique que l’on sort ponctuellement de sa poche. Elles ne pèsent d’ailleurs que 33 grammes.
Lors de ma prise en main, leur design m’a semblé suffisamment classique et discret pour ne pas immédiatement donner l’impression de porter un équipement de réalité augmentée. Deux coloris sont actuellement proposés : Dune et Polar Night. La certification IP54 permet également de résister à la poussière et aux projections d’eau du quotidien. Autre point indispensable pour un produit censé être porté plusieurs heures : la correction visuelle.
Les verres correcteurs sont prévus
RayNeo propose une solution permettant de commander les iO avec des verres correcteurs adaptés à une prescription. On peut donc transmettre ses informations lors de la commande afin de recevoir des lunettes adaptées à sa vue. C’est une condition quasiment obligatoire pour espérer transformer ce type d’appareil en véritable produit du quotidien plutôt qu’en simple gadget technologique. Les iO ne remplacent cependant pas les RayNeo X3 Pro.
RayNeo X3 Pro : la version beaucoup plus ambitieuse
Les deux produits correspondent à des philosophies totalement différentes. Les X3 Pro sont de véritables lunettes de réalité augmentée haut de gamme avec MicroLED couleur, caméra principale de 12 mégapixels, caméra spatiale, navigation, suivi 6DoF et SLAM. Elles utilisent une puce Snapdragon AR1 Gen 1 et proposent un affichage couleur dans un champ de vision de 30 degrés. Elles pèsent 76 grammes et sont aujourd’hui proposées à 1 399 euros en Europe.
Les iO prennent donc presque le problème à l’envers. Plutôt que de chercher à tout faire, elles retirent les caméras, simplifient l’affichage et cherchent surtout à devenir un assistant discret que l’on peut porter pendant des heures. RayNeo possède enfin une troisième approche avec ses GT et GT Max.
GT Max : un écran cinéma directement devant les yeux
Cette fois, pas vraiment d’assistant IA ou de réalité augmentée complexe. L’objectif est essentiellement de remplacer un écran. Les GT Max utilisent deux écrans Micro-OLED Full HD à 120 Hz et peuvent simuler une image allant jusqu’à 307 pouces, avec un champ de vision de 59 degrés.
On peut les connecter directement à un smartphone, un ordinateur ou une console compatible avec une sortie vidéo USB-C DisplayPort. Elles disposent également de trois modes spatiaux permettant de laisser l’image suivre les mouvements de la tête, de la stabiliser ou de la verrouiller dans l’espace. RayNeo annonce jusqu’à 1 200 nits et un système audio à quatre haut-parleurs réglé par Bang & Olufsen.
Les GT Max sont actuellement affichées à 459 euros en Europe. Au moment de notre interview à Berlin, seul le tarif américain était clairement évoqué. La commercialisation européenne est désormais effective. Les RayNeo iO sont proposées à 499 euros, ou 549 euros dans un pack comprenant un boîtier de recharge. Ce n’est évidemment pas un petit budget pour une paire de lunettes connectée sans caméra.
Retrouvez-ci toutes les annonces de mon dossier spécial IFA 2026.


