BenQ W4200 : le triple laser RGB arrive enfin chez BenQ

BenQ W4200 : le triple laser RGB arrive enfin chez BenQ

Table des matières

BenQ franchit enfin le pas du triple laser RGB. À l’IFA 2026, le constructeur présentait le W4200, son nouveau vidéoprojecteur Home Cinéma haut de gamme, accompagné du TK715i plus orienté lifestyle. Derrière ce changement de source lumineuse se cache surtout un important travail autour du speckle, phénomène qui avait jusqu’ici dissuadé BenQ d’adopter cette technologie.

https://youtu.be/ID4CajG3e58

À l’IFA de Berlin, BenQ avait plusieurs nouveautés intéressantes à présenter côté vidéoprojection. Mais le véritable changement de génération ne tient pas uniquement à l’arrivée d’un nouveau W4200.

Pour la première fois, le constructeur adopte massivement une source triple laser RGB sur ses vidéoprojecteurs Home Cinema et lifestyle.

Une évolution presque banale chez certains concurrents… mais qui ne l’est pas du tout chez BenQ.

Pourquoi BenQ a attendu avant d’adopter le triple laser RGB

Pendant mon échange avec Charles sur le stand de la marque, BenQ a donné une explication assez claire : jusqu’ici, le constructeur n’était tout simplement pas satisfait du rendu des solutions triple laser, notamment à cause du speckle.

Ce phénomène se manifeste par une sorte de scintillement ou de paillettes visible sur certaines surfaces de l’image. Il est directement lié à la forte cohérence de la lumière laser et sa perception varie selon la toile, l’image projetée et la sensibilité de l’utilisateur.

BenQ explique avoir préféré attendre de disposer d’une solution suffisamment efficace avant de commercialiser ses propres vidéoprojecteurs RGB. La nouvelle génération utilise désormais une approche multiétages : modules laser plus récents, traitements optiques déjà connus pour casser la cohérence du faisceau et nouvelle technologie développée par BenQ.

Le constructeur évoque notamment l’utilisation de nouveaux modules laser Nichia ainsi qu’une solution propriétaire venant compléter les méthodes classiques de réduction du speckle. La marque reste pour l’instant relativement discrète sur son fonctionnement précis, notamment parce que la technologie fait l’objet d’un dépôt de brevet.

BenQ présente officiellement ses nouveaux W4200 et TK715i comme des vidéoprojecteurs associant triple laser RGB, optimisation d’image par IA et traitement anti-speckle à plusieurs niveaux.

W4200 : le nouveau flagship Home Cinéma

Le BenQ W4200 devient le nouveau modèle haut de gamme de la famille Home Cinéma. Il est pensé avant tout pour une salle dédiée ou une pièce dans laquelle on peut correctement contrôler la lumière ambiante. Contrairement aux projecteurs lifestyle conçus pour être déplacés ou installés rapidement, le W4200 revient donc à une conception beaucoup plus traditionnelle de la vidéoprojection.

Il utilise une puce DLP 0,47 pouce de type SST, associée à une source triple laser RGB. BenQ annonce une luminosité de 3 200 lumens, une couverture de 100 % du DCI-P3 et jusqu’à 95 % du Rec.2020. La définition Ultra HD 4K est obtenue par le système de décalage de pixels DLP. Cette nouvelle plateforme prend également en charge Dolby Vision, HDR10+, HDR10, HLG et IMAX Enhanced.

Un iris mécanique pour privilégier le contraste

L’un des points intéressants du W4200 concerne la gestion de la lumière. BenQ ajoute un iris mécanique réglable sur trois niveaux, auxquels vient s’ajouter une position désactivée. Il ne s’agit volontairement pas d’un iris dynamique qui s’ouvrirait et se fermerait constamment en fonction des scènes. BenQ veut éviter les phénomènes de pompage lumineux ainsi que le bruit mécanique que peuvent générer certains systèmes automatiques.  En fermant davantage l’iris, le constructeur annonce jusqu’à 3 000:1 de contraste natif.

C’est un chiffre intéressant pour un DLP 0,47 pouce, mais il faudra évidemment mesurer la luminosité réellement disponible à ce niveau d’ouverture. C’est précisément l’un des points qui m’intéressera lors d’un véritable test : connaître le compromis réel entre profondeur des noirs et puissance lumineuse. BenQ annonce par ailleurs jusqu’à 5 000 000:1 en contraste dynamique.

Une nouvelle optique entièrement motorisée

Le W4200 récupère également une partie de la philosophie du W5800 avec une optique beaucoup plus ambitieuse que sur les modèles lifestyle.

L’objectif est centré et entièrement motorisé : zoom, mise au point et lens shift peuvent être pilotés depuis la télécommande. BenQ annonce une optique entièrement en verre, un zoom d’environ 1,6x et un ratio de projection proche de 0,9 à 1,5:1. Le lens shift atteint environ ±50 % verticalement et ±23 % horizontalement, ce qui devrait laisser une latitude intéressante pour les installations en salle dédiée.

Le constructeur ajoute même un mode destiné aux écrans 2,35:1. Un raccourci permet de basculer rapidement vers ce format cinémascope. La transformation reste logicielle et n’utilise donc plus l’intégralité de la matrice, avec forcément une petite conséquence sur la définition effective.

Matter fait son entrée dans le Home Cinéma BenQ

Autre évolution plus surprenante : le W4200 devient compatible Matter. L’objectif est de faciliter son intégration dans les écosystèmes domotiques grand public comme Google Home ou Apple Home. On peut donc imaginer créer une scène « cinéma » qui allume le vidéoprojecteur, ferme les volets et adapte l’éclairage de la pièce. Le projecteur ne fait pas lui-même office de hub Matter : il doit être intégré à un écosystème disposant déjà d’un contrôleur compatible. BenQ conserve parallèlement les solutions d’intégration professionnelles comme Control4.

C’est une bonne manière de faire cohabiter deux usages : l’installation Home Cinéma traditionnelle réalisée par un intégrateur et la domotique plus accessible au grand public.

Pas de 4K 120 Hz, mais du Full HD jusqu’à 240 Hz

Contrairement à plusieurs nouveautés apparues cette année, le W4200 ne fait pas du 4K 120 Hz son principal argument. La documentation présentée à l’IFA indique une prise en charge du 4K jusqu’à 60 Hz, tandis que le Full HD peut atteindre 240 Hz. Ce choix positionne clairement le W4200 comme un vidéoprojecteur Home Cinéma avant d’être un appareil destiné au gaming compétitif. Il conserve néanmoins des fonctions comme le VRR et une connectique HDMI 2.1.

TK715i : la version plus lifestyle et beaucoup moins chère

Le TK715i adopte la même nouvelle philosophie triple laser RGB mais pour un usage beaucoup plus polyvalent. Il est destiné à être installé dans un salon, posé sur un meuble ou placé près du canapé, avec une installation largement automatisée. BenQ annonce là encore 3 200 lumens, mais avec un contraste natif de 1 500:1. Il utilise une puce DLP 0,47 pouce TRP, suffisante selon BenQ pour cette catégorie de luminosité. L’appareil dispose de nouveaux capteurs et utilise l’intelligence artificielle pour optimiser automatiquement la géométrie et la mise au point.

BenQ explique notamment que l’autofocus ne se contente plus d’analyser le centre de l’image : plusieurs zones sont évaluées afin de rechercher le meilleur compromis de netteté sur l’ensemble de la projection.

Le TK715i intègre également Google TV, de l’USB-C avec DisplayPort et Power Delivery, une connectique HDMI 2.1 ainsi que deux haut-parleurs de 12 W. Pour le jeu, BenQ annonce jusqu’à 240 Hz en Full HD, avec prise en charge du VRR.

Lors de notre interview, la marque évoquait un tarif autour de 1 800 euros et une disponibilité en janvier 2027.

Environ 4 000 euros pour le BenQ W4200

Le W4200 arriverait lui aussi au mois de janvier 2027. BenQ nous indiquait sur le salon un tarif situé autour de 4 000 euros. À ce prix, le positionnement est assez clair : nous sommes face à un appareil destiné aux passionnés de projection qui veulent privilégier la fidélité d’image, les possibilités d’installation et la colorimétrie plutôt que l’aspect tout-en-un.

Sur le papier, le passage au triple laser RGB lui apporte plusieurs arguments intéressants : gamut très large, luminosité de 3 200 lumens, nouvelle optique, iris mécanique et traitements d’image plus puissants, mais la véritable interrogation sera ailleurs.

Bonus : BenQ s’intéresse aussi aux simulateurs de golf

L’IFA permettait enfin de découvrir une autre activité beaucoup plus inattendue de BenQ : les vidéoprojecteurs pour simulateurs de golf. Le constructeur a créé un laboratoire dédié à cet usage et développe des modes d’image spécifiques, avec notamment un traitement renforcé des verts et des bleus ainsi qu’une optimisation par intelligence artificielle.  Le modèle AK900ST présenté sur le salon atteint notamment 6 000 lumens, afin de rester exploitable dans des installations qui ne fonctionnent pas nécessairement dans le noir.

Ces appareils disposent aussi d’outils avancés de correction géométrique permettant de s’adapter à des écrans de frappe plats ou courbes. Et, détail plutôt malin, plusieurs préréglages permettent de transformer rapidement une même pièce en simulateur de golf puis en espace cinéma.

BenQ annonçait une arrivée de cette gamme golf au cours du quatrième trimestre 2026, probablement dès le mois d’octobre, sans tarif encore définitif au moment de l’IFA. 

Retrouvez ici mon dossier spécial IFA 2026. 

Facebook
X
LinkedIn
WhatsApp